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Le dispositif Internet de l’UMP

mercredi 11 janvier 2006

L’UMP développe, avec constance, une stratégie offensive centrée sur le recrutement en ligne (500 adhésions par jour, majoritairement payées en ligne).

Elle consacre des ressources considérables a des campagnes agressives de collecte d’adresses comme on l’a vu, il y a quelques mois, avec le Sarkospam.

Nicolas Sarkozy dispose, tous les matins, d’une note-synthèse qui résume les courriels reçus la veille et ce qui se passe dans la blogosphére. On l’a vu, habilement, répondre très vite, sur le blog de Mathieu Kassowitz, aux propos très durs du cinéaste sur le rôle du Ministre de l’Interieur dans le déclenchement de la crise des banlieues. Et plus récemment expérimenter le podcasting.

L’UMP a mis en place, il y a deux ans, une procédure d’adhésion directe en ligne. Celle-ci représenterait aujourd’hui près de 14 % des renouvellements de carte et des adhésions.

La stratégie Internet de l’UMP est entièrement tendue vers la constitution de fichiers et largement sous-traitée à des prestataires spécialisés. L’UMP n’hésite pas à acheter des fichiers d’adresses commerciaux et des liens sponsorisés sur Google.

Le sarkospam

Durant le mois de septembre, l’UMP a envoyé, en plusieurs vagues, quelque 2 millions de messages électroniques à des internautes - constituant ainsi la plus importante campagne politique électronique à ce jour, en France.

L’objectif de la campagne était d’attirer 10.000 nouveaux adhérents, mais aussi de constituer un fichier de « sympathisants » (personnes acceptant de recevoir reguliérement des mails de l’UMP).

Cette campagne a suscité une vive controverse, de nombreux internautes, estimant qu’ils n’avaient pas donné leur accord pour recevoir ce type de spam. Plusieurs internautes qui ont déposé plainte à la CNIL des libertés, où elles sont en cours d’instruction.

L’achat de liens sponsorisés

L’UMP a innové avec l’achat de liens sponsorisés sur Google, pendant la crise des banlieues. Cette campagne consistait à faire apparaître un lien publicitaire vers une pétition appelant au retour à l’ordre. Lorsque l’internaute cliquait sur le mot « Banlieue », « Gauche », « Chirac », « Insécurité », ou « Parti Socialiste » dans Google, il était redirigé vers le site de l’UMP. Cette campagne n’aurait coûté au final, qu’à peine 40 000 euros : 200 000 personnes seraient venues visiter le site, dont 60 % étaient inconnues des bases de données de l’UMP.

Projets UMP dans la perspective de 2007

L’UMP prépare la mise en place d’un « centre d’action militante », construit sur le modèle de ce qui se fait déjà aux Etats-Unis, où les sympathisants d’une formation politique fédèrent leurs énergies sur Internet avant de se retrouver dans la vie quotidienne. Quelques centaines de militants UMP se sont déjà regroupés sur une plate-forme communautaire, Affinitiz.com, pour promouvoir une (encore officieuse) candidature à l’élection présidentielle de Nicolas Sarkozy.

L’UMP met en place un programme de fidélisation et de parrainage destinés à récompenser les cyber-militants les plus méritants.

A l’horizon 2007, l’UMP prépare une Web TV diffusée notamment grâce à la téléphonie mobile de troisième génération et un système d’alerte par SMS (notamment pour les passages dans les médias des responsables de l’UMP).

Cette stratégie offensive est très directement inspirée de celle du Parti Républicain. Comme le fonctionnement de l’UMP, tout entier organisé autour de la figure du Chef, la stratégie Internet de l’UMP présente un caractère très centralisé et très vertical : les cybermilitants sont invités à relayer autour d’eux les messages de Nicolas Sarkozy.